Elections législatives

Qu'on le veuille ou non, nous vivons sous pression ...

Ce terrible attentat de Berlin ravive l'angoisse ...

Vous êtes à peine monté dans le train qu'une voix suave vous rappelle d'être attentif à d'éventuels bagages suspects ... Le cerveau cherche alors toutes les bonnes raisons pour lesquelles vous ne risquez rien sur un trajet Bergerac > Paris-Montparnasse ... Pour autant, vous guettez tout autour de vous ... jusqu'à ce que le contrôleur vous frappe presque pour vous réveiller ... La peur n'évite pas la fatigue et force est de constater qu'un sommeil profond évite de penser et vous détend bien !!!

Du coup, c'est en pleine forme qu'à l'arrivée j'ai "sauté dans un taxi". Pas de file d'attente ... Un seul véhicule et il était pour moi ...

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Les chaleureuses lumières parisiennes redonnent goût aux sorties nocturnes et c'est ainsi que j'ai pris beaucoup de plaisir à me promener autour du Palais Royal. Les Parisiens et touristes surpassent leur inquiétude et apparaissent décontractés devant les portes de théâtre, dans les bistrots, dans les restaurants et n'ont pas peur de "faire la queue" ...

La vie continue donc ... Et elle permet chaque jour des rencontres fortes d'enseignement.

Retour à mon taxi !

Rassurée d'avoir quitté sans anicroche la gare et le marché de Noël sur son parvis, j'ai pris sur moi de chasser mes vilaines peurs en engageant la conversation avec le jeune chauffeur de taxi sur le problème des Véhicules de Tourisme avec Chauffeur (VTC) et de l'appréhender par l'intérieur plutôt que par les media.

35 % du marché des taxis a été pris en très peu de temps par les VTC dont mon chauffeur dit qu'ils font de "la maraude" numérique, sachant que la prise de clients "en maraude" est formellement réglementée, règlementation qui n'est pas opposée à ce jour aux VTC quel que soit leur statut (transport collectif ou conduite simple).

Les licenses de taxi qui font l'objet de cession sont passées dans ce même court délai de 200.00 € à 100.000 €.

C'est ainsi que non seulement le chiffre d'affaires des taxis parisiens mais encore leur capital se sont considérablement amoindris.

Face à ces chauffeurs de taxi

  • encadrés par une sévère réglementation,
  • ayant dû suivre une formation exigeant 4 examens qu'ils ont auto-financée,
  • achetant ou louant une license pour avoir le droit de travailler,

la dure séquence que la France vit en termes d'emploi a conduit des Français ne souhaitant pas rester sans emploi à s'engager dans une voie qu'ils croyaient facile. Ils se sont ainsi laissés séduire par les garanties de travail que leur laissaient envisager les plates-formes telles Uber.

bmw-708605_960_720Ils se sont endettés pour disposer de voitures de luxe, règlent de lourdes commissions sur des tarifs qu'ils ne maîtrisent pas, travaillent 15 heures par jour pour s'en sortir, s'épuisent, génèrent des accidents multiples ...

A chaque chose malheur est bon : les garagistes en profitent !!!

Mon jeune chauffeur de taxi a lui-même été tenté par l'expérience et s'est structuré en auto-entrepreneur pour devenir chauffeur de voiture de tourisme ... Il a vite compris combien serait plus sage de revenir à la formule traditionnelle de taxi parisien ...

Ils sont partout ...

et mon jeune chauffeur me l'a prouvé ... Voitures de luxe, voitures "grande routière" Citroën, Peugeot, Mercédès, 4 x 4 BMW ... Leurs vitres teintées sont un repère confirmé par le fait que le chauffeur est seul à l'avant, son ou ses passagers étant à l'arrière. A un feu rouge en plein embouteillage du soir, 3 d'entre eux nous entouraient ... Impressionnant ...

Mon jeune chauffeur m'a fait remarquer combien le gouvernement actuel était responsable de cette situation grave pour ne pas avoir su traiter le problème lorsqu'il s'est présenté. Il appelle de tous ses voeux l'alternance

Tous deux sommes convenus que l'aspect humain de cette situation était le coeur même du problème :

  • ces chauffeurs de VTC sont des Français qui veulent vivre de leur travail et ne pas être assistés ;
  • ils ne méritent pas la peine qu'ils subissent via ces plates-formes qui conduisent à une nouvelle forme d'exploitation de l'homme, une nouvelle forme d'esclavage.

La priorité réside donc maintenant dans l'adaptation de nos lois au nouveau monde dans lequel nous nous exprimons aujourd'hui : un monde numérique.

Je respecterai l'engagement pris envers ce jeune chauffeur de taxi parisien :
adapter la législation française à l'évolution numérique de notre société.