Fonds publicsL'édition de ce jour de Sud-Ouest annonce une décision du Conseil d'Etat annulant la déclaration d'utilité publique relative à l'axe Bergerac > Sarlat du projet dit "voie de la vallée".

Voie de la Vallée de la Dordogne : douze ans après, retour à la case études

Bientôt trente ans qu'on en parle, de cette "voie de la vallée", censée accélérer le voyage entre Bergerac et le Sarladais (voire entre Libourne et le Lot). L'un des chantiers envisagés depuis les années 1990 était d'abord de dévier la D660 entre Bergerac et Couze-et-Saint-Front, de l'autre côté de la Dordogne, sur 14,4 kilomètres.

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 'Bientôt trente ans qu'on en parle de cette "voie de la vallée"' peut-on lire ...

Certains - et j'en suis - parlent plutôt d'une quarantaine d'années pendant lesquelles de conseiller général en conseiller départemental, les promesses d'évolution ont été associées à achats et expropriations multiples ... alors même que le Département n'avait pas la garantie de la validité de la Déclaration d'Utilité Publique préalable et obligatoire. Peut-on imaginer projet plus mal ficelé ?

Les commentaires sont multiples et tellement réalistes face à une administration départementale imbue de son pouvoir ...

djetee - 19/02/2016 - 21 h 43 (Sud-Ouest)
"Après les 3 études faites avant 2003 pour cause de recours d'élus opposés au conseiller général de l'époque, un nouveau conseiller général a été élu et la situation semble se débloquer mais de nouveau des opposants ont réussi à faire échec au projet après des frais engagés pour l'achat des terrains. Un nouveau cabinet va recevoir de l'argent public pour faire une étude d'utilité. Alors, svp, arrêtez vos conneries avec l'argent public."

Jean-Pierre Sylvain - 19/02/2016 - 12 h 37 (Sud-Ouest)
"Quand j'ai passé mon permis de condurie en 1971, on en parlait depuis 4 ou 5 ans déjà entre Bergerac et Lalinde. Donc, on n'est pas à 10 ans près aujourd'hui ! Lol."

Plus de 45 ans donc !

Que ce soit dans les commentaires de Sud-Ouest ou sur les réseaux sociaux, tout ce qu'on lit confirme le manque de sérieux appliqué à la gestion de ce projet.

"C'est surtout l'incohérence et la légèreté des élus ayant eu à traiter ce dossier ... Né sous l'ère Bioulac qui voulait désenclaver notre département - fort bonne chose du reste -, ce dossier a souffert de multiples interférences et, au bout du compte, beaucoup d'argent dépensé pour retourner à la case départ ... Et c'est cela qui est insoutenable. Il y a eu un tracé intéressant mais à l'époque certains élus s'y opposant, il n'a pas été retenu et c'est bien dommage ..."

"Ca réflète la capacité de nos politiques. Ils ont mis des gens dans la 'merde' et maintenant le projet tombe à l'eau. Et personne ne leur demande des comptes. Nous ne sortirons jamais du déficit avec ce genre de personne. Il faut tous les mettre dehors et leur demander de rembourser ce gaspillage !!!"

Citoyens,
après avoir résisté
il est temps de se rebeller.

Ma famille est elle-même victime de l'approximation avec laquelle a été traité ce dossier qui trouve une fin d'épisode ce jour.

Les moulins du port

Dès 1999, je sollicitais personnellement des explications et des précisions auprès du Conseil Général. Mon mari et moi recevions à la maison à l'automne 2007 le conseiller général Serge Merillou pour connaître l'évolution du projet. Nous lui proposions "Le Grand Etendoir" de Couze et son espace environnant, face à la pharmacie, pour installer autour du rond-point censé être la fin de "la voie de la vallée" le "pole de santé" annoncé.

C'est ainsi, par parenthèse, que nous apprenions que la décision était déjà prise : le pôle de santé se ferait à la place des locaux d'EDF ... Le service était encore en activité. Et quelques mois plus tard, le même conseiller général défilait en tête des salariés d'EDF pour (simuler de) combattre la fermeture du site dont il était en train de négocier l'achat !!! N'appelle-t-on pas cela de la malhonnêteté intellectuelle ?!

Auparavant, un autre conseiller général pressait "gentiment" notre famille de ne plus louer d'appartements autour de la rue de la Cité Valade pour ne pas entraver le projet d'aménagement de la voie de la vallée alors même que, depuis des années déjà, se posait la question de savoir si on devait ou non continuer à investir le moindre centime en entretien pour un site dont la destruction était annoncée par tous les élus comme inéluctable.

Pour finir, l'ensemble des moulins du port fait l'objet d'une découpe au sujet de laquelle nous avons dû saisir le juge de l'expropriation pour éviter une évidente indélicatesse du Conseil Général pour ne pas dire plus ... Ce dernier a été contraint par jugement de revoir son estimation et de respecter un minimum de droits ... Cela représente un coût qui aurait pu être évité si nos représentants départementaux ne s'étaient pas cru autorisés à passer outre les règles de la République, s'ils n'avaient pas mis la charrue avant les boeufs depuis bon nombre d'années en achetant à prix exagérés pour certains dont on attendait les suffrages et en expropriant d'autres qui étaient moins dociles ...

Les moulins du port quant à eux se sont vus au fil du temps interdits de démolition comme interdits d'aménagement ... et, simultanément devenus friche industrielle, ils sont maintenant depuis des années source d'ennuis sociaux et de pertes matérielles et financières.

Or, de ce que nous pouvons lire aujourd'hui, il est fort probable que le tracé de la voie de la vallée sera modifié, voire n'arrivera pas à l'endroit prévu dans le cadre de la DUP annulée aujourd'hui. Ou, s'il y arrive, ce sera dans des délais tels que nous ne le verrons pas ...

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Il est donc temps de mettre aujourd'hui un terme à cette attente inqualifiable.

Le Conseil Départemental va devoir rendre des comptes aux contribuables et dire ce qu'il compte faire pour dédommager les propriétaires lésés par l'indécence de ce projet mal ficelé.