Sud-Ouest > article et photographie par Antoine Tinel

Un nouveau scrutin sera organisé dans les trois mois après la cinquième démission d'élu.

Le maire Véronique Dubeau-Valade ne s'inquiète pas des démissions de ses conseilleurs.

Le maire Véronique Dubeau-Valade ne s'inquiète pas des démissions de ses conseilleurs. (photo a.t.)Et de cinq qui font dix. Au Conseil municipal de Couze-et-Saint-Front, il n'y a plus que dix élus encore… élus. La récente démission de Jean-Philippe Moron fait qu'un tiers des conseillers a remis son mandat. Avant lui, François Moscardini, Michel Caupin, Anne Samot et Patrick Mazeau avaient déjà quitté le Conseil. Une situation qui fait que les électeurs vont être rappelés aux urnes au cours des trois prochains mois afin de remettre à niveau l'assemblée municipale. Il faut pour cela que la préfecture de la Dordogne prenne acte de cette nouvelle défection.

Cinq démissions en quatre ans, voilà qui n'est pas banal. Même si Véronique Dubeau-Valade, première magistrate, ne s'en émeut guère. « Vous savez, c'est presque une tradition ici. Lors du dernier mandat, il y a eu trois maires », ironise-t-elle. Serait-elle donc en train de réaliser ce que trois autres élus avant elle n'ont pas su faire ? « Je suis une femme de conviction, de bon sens, explique Madame le maire. Je sais que j'ai peut-être mauvais caractère, mais c'est du caractère. Je dis tout haut ce que tout le monde pense tout bas. » Voilà qui pourrait peut-être être avancé comme un début d'explication aux démissions d'un tiers des conseillers.

Incompatibilité

Il y a quatre ans, sur les quinze élus, quatorze faisaient partie de sa liste. Lors de son départ en décembre 2009, François Moscardini, alors son premier adjoint, évoquait « une incompatibilité d'humeur » avec Véronique Dubeau-Valade. Deux ans plus tard, Patrick Mazeau parle, lui, de « points de désaccord ». Des arguments qui ne convainquent pas vraiment la première magistrate. « Il faut toujours une bonne raison », soupire-t-elle. Avant de préciser aussitôt : « Ces sujets personnels n'ont aucun intérêt. »

Madame le maire semble cependant avoir sa petite idée pour expliquer les cinq départs. « Vous savez, les élus sont des bénévoles qui s'engagent. Certains trouvent la charge de travail trop lourde. L'activité municipale est ingrate. Il y a ceux qui l'acceptent, d'autres qui la vivent mal. Dans ces conditions, je comprends les démissions. » Voilà qui est dit. Enfin, pas tout à fait. « À Couze, ceux qui travaillent sont là depuis le début. » Entendez qu'ils sont, aussi, encore là.

« Ça m'agace »

Hors de question pour Véronique Dubeau-Valade d'attribuer ces désertions à une basse divergence de vues politiques. Couze-et-Saint-Front, traditionnellement à gauche, voire très à gauche, a depuis le printemps 2008 une femme de droite à sa tête. Quoi que… « La femme que je suis est à droite. Mais pas le maire. J'ai mes idées, mais au Conseil municipal, toutes les sensibilités sont représentées », martèle l'édile. Une liste montée de « bric et de broc » élue à la surprise générale lors des dernières municipales. Dont l'unité n'aura donc été qu'un feu de paille. À son grand regret, assure-t-elle. « Nous avons été élus avec 14 conseillers sur 15. À ce moment-là, j'ai dit "ce n'est pas sain". Ici, on veut à tout prix politiser la politique communale. Je me bats contre ça. »

Véronique Dubeau-Valade n'a alors de cesse de répéter que l'intérêt collectif prime sur le reste, qui ne serait que querelles de caniveau. « Je sais qu'on veut m'entraîner dans le piège de la politique politicienne. Ce qui me navre, c'est qu'on me colle l'étiquette UMP… Je le répète, je suis sans étiquette. »

Reste à savoir quelle sera l'issue des élections partielles. Là encore, rien qui ne vienne inquiéter l'élue. « Je vais effectuer mon mandat jusqu'au bout, et nous nous représenterons en 2014. Nous entendons mener nos programmes d'actions jusqu'au bout. Et un seul mandat ne suffira pas. » À bon entendeur… Ah si, il y a un point qui l'embête tout de même. « Organiser des élections, ça prend du temps. Ça m'agace. Il y a bien mieux à faire. »